vendredi 14 janvier 2011

Explication de texte : Louise Labé, Sonnets, VIII, 1555


Explication de texte : Louise Labé, Sonnets, VIII, 1555

INTRO

Ø  Sonnet VIII (recueil de 23 sonnets), publié en 1555                                                                        Particularité = femme qui écrit l’amour, toute autre vision de la chose car ce sont les hommes qui ont fixé les grands codes amoureux, ainsi sonnet qui dit l’amour différemment et remet en question les topoï établis
Ø  Nous sommes donc bien face à un sonnet amoureux + omniprésence de l’érotisme (à l’époque impensable qu’une femme puisse s’épancher sur cet aspect)
Ø  Mais nous verrons qu’une étude attentive permet de prendre conscience que ce sonnet est marqué par une importante polysémie et que ses significations peuvent être multiples
En quoi ce poème peut-il être, au-delà de l’expression des contradictions amoureuses, le témoignage rigoureusement organisé d’une souffrance existentielle ?

1er quatrain
« Je vis, je meurs : je me brûle et me noie »
Ø  On remarque la présence du pronom personnel « je » = premier mot du 1er vers ce qui est annonciateur d’un sonnet centré sur la personne du narrateur + pronom relatif « me » qui marque encore davantage cette caractéristique
Ø  2 antithèses amplifiées par la parataxe qui crée un parallélisme (vie/mort chaud/froid)
Ø  Effet produit par ces procédés = mise en valeur de l’inconstance
Ø  Parataxe qui provoque un effet cyclique = vers qui semble mettre en évidence une règle immuable
Ø  Intensité des sensations, « je me brûle et me noie » = tentative de développement de « je vis, je meurs »
·         « je me brûle » : chaleur extrême = mobilisation exacerbée des sens = vie
·         « je me noie » : idée de perte (la mort) mais aussi d’un dépassement = se noyer dans un tourbillon sensoriel, sensations trop nombreuses qui deviennent étouffante (perte de contrôle de soi) et engendrent la panique

 Hypersensibilité du poète et ouverture sur la notion de perte de contrôle sous l’accumulation des sensations, on peut y voir également l’idée de la vie qui se consume, l’usure provoquée par le temps (règle immuable à laquelle on ne peut échapper)

« J’ai chaud extrême en endurant froidure »
Ø  « je » qui ouvre à nouveau le vers = insistance sur le fait que Louise Labé écrit un poème centré sur sa personne
Ø  A nouveau opposition chaud/froid
Ø  Adjectif qualificatif « extrême » + verbe « endurer » = amplification des sensations ressenties
Ø  Utilisation du gérondif (« en endurant ») = qui marque la simultanéité de deux états à priori opposés = confusion + idée réaliste selon laquelle le contact de la peau avec une matière extrêmement froide s’apparente à une sensation de brûlure = paradoxe qui  sert à exprimer le flou de l’état d’âme du narrateur mêlé à une mobilisation sensorielle totale et intense
Ø  Le gérondif souligne le fait que le narrateur est passif (subir, impuissance)

La vie m’est et trop molle et trop dure
Ø  « la vie » met en évidence le fait que ce poème peut avoir une portée existentielle, n’être finalement pas centré uniquement sur la relation amoureuse
Ø  Nouvelle opposition mollesse/dureté = pas de juste milieu (vie soit sans saveur et terne, soit soumission à des émotions aussi fortes que contradictoires) idée de plainte, ce peut être une connotation érotique (processus biologique du sexe masculin)
Ø  Parallélisme + construction binaire du vers (répétition de la conjonction de coordination « et ») qui rejoint le flou de l’âme identifié précédemment (ou quand le parallélisme sert à exprimer le désordre, chose que l’on retrouve tout le long du poème
J’ai grands ennuis entremêlés de joie
Ø  Fin du premier quatrain = confusion progressive des oppositions sensorielles qui aboutie à une perception temporelle complexe
Ø  « entremêlez » = confusion de Louise Labé, difficulté éprouvée par Louise Labé à clarifier l’enchaînement incessant des états psychologiques complexes, du coup elle se base par rapport à la norme avec le jeu des oppositions, ici c’est le verbe entremêler qui assure une nuance

2ème quatrain
Tout à un coup je ris et je larmoie
Ø  « je » deux fois
Ø  Précipitation du temps, intensité plus forte
Ø  Nouvelle opposition rire/pleurer
Ø  Toujours idée des émotions contraires qui fusionnent en des émotions complexes qui sont à l’origine d’un malaise généralisé
Et en plaisir maint grief tourment j’endure
Ø  Exacerbation du sentiment contradictoire qui anime Louise Labé de manière permanente
Ø  « maint » souligne la complexité de la notion de plaisir ainsi que de celle de la souffrance = notion qui appartiennent à la norme, le plaisir se mêle à la souffrance et les mots ne suffisent pas à expliquer la sensation engendrée (ce peut être une des visées de ce sonnet = mettre en évidence l’impossibilité de trouver les mots pour dire dans certains cas)
Ø  « endurer »=incapacité à faire autre que subir, idée d’abandon à son sort ou d’un manque de volonté (connoterait plaisir sensuel, érotique ?)

Mon bien s’en va et à jamais il dure
Ø  Opposition s’en aller et durer
Ø  Polysémie de « bien » = 3 sens : simple fait de posséder/bien être/amant
Ø  Absence de l’amant mais omniprésence des sentiments de Louise Labé, il n’y a qu’elle qui est mise en valeur (poème par elle-même pour elle-même)
Ø  « à jamais » = idée d’éternité : instants ponctuels qui semble pouvoir enfermer l’éternité + force du souvenir qui prolonge les instants vécus
Tout en un coup je sèche et je verdoie
Ø  « tout en un coup » = simultanéité
Ø  « sécher » = idée d’infertilité que l’on peut associer à un état quasi léthale, sensation de fuite, d’évaporation de l’essence vitale (fin des sensations qui peut s’apparenter à une mort momentanée de l’être jusqu’à sa renaissance (comparaison implicite entre les états psychologiques et les saisons cf. de l’hiver = sécher au printemps = « verdoyer »)
Ø  « verdoyer » = contraire : fertilité = la nature représente la vitalité de l’existence
Aspect cyclique de l’existence tant dans l’enchaînement des émotions que dans le cycle de la vie, de la mort jusqu’à une possible renaissance.
1er tercet
Ainsi amour inconstamment me mène
Ø  Vers 9 = volte=rupture
Ø  Après les 2 premiers quatrains qui constituent une description, tentative d’explication
Ø  Adv. « ainsi » = idée de fatalité, introduction d’une explication
Ø  « Amour » comme coupable de tous les maux, polysémie du terme (amant, amour de façon générale, plusieurs amants ou dieu Amour)
Ø  « inconstamment » (adv.) peut signifier :
·         Inconstance des sensations ressenties en amour (palette sensorielle indéfinie, variation tant dans le plaisir ou la douleur ressenties que dans l’intensité des émotions
·         Inconstance de Louise Labé qui confierai son côté volage et une difficulté à résister à la tentation du plaisir charnel au lecteur
Ø  « me mène » = dénote d’une attitude passive face à l’amour, « Amour » peut être une personnification volontaire de l’amour et des sensations qui l’accompagne par lequel Louise Labé aurait été séduite de manière irrévocable (cf. dieu Amour = Cupidon, fils de Vénus = Eros)
Ø  Allitération en M : effet produit = retranscription du laisser-aller
Et quand je pense avoir plus de douleur
Sans y penser je me trouve hors de peine
Ø  Vers qui semble dépendre l’un de l’autre : décalage entre la perception sensorielle et la perception temporelle illustré par l’usage de la subordination
Impossibilité de capter l’instant précis ou l’état d’esprit change = instant entre le « je pense » et le « sans y penser » comme un étourdissement qui peut modifier tout le ressenti, l’état d’esprit de l’être.

Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Et être en haut de mon désiré heur
Ø  « mon » / « ma » = possessifs (poème centré sur elle-même)
Ø  Réciprocité = malheur jusqu’à apaisement de malheur jusqu’à la joie puis enfin le malheur (vers 10/11/12/13) = aspect cyclique à nouveau
Ø  « certaine » dénote une forme d’emportement dans l’expression du narrateur
Ø  « être en haut » = lueur d’espoir
Ø  « désiré heur » = aspiration profonde (l’amour sans la souffrance, le bien-être intérieur)
Il me remet en mon premier malheur
Ø  Le vers 14 provoque la relecture du poème = aspect cyclique qui confirme la sensation d’oppression  qui envahie le narrateur (« malheur » rime avec le premier hémistiche du premier vers)
Ø  Le fait que ce poème soit cyclique tant dans son expressivité que dans sa structure crée une sensation d’emprisonnement et transcrit la régularité du mal de Louis Labé
Ø  Paroxysme de l’antithèse atteint avec la rime de « heur » et « malheur »

      Outre la description des sensations contradictoires que l’amour lui fait ressentir, Louis Labé exprime de façon implicite dans ces deux tercets une véritable volonté de compréhension et se livre à une introspection qui dépasse le seul cadre des rapports amoureux. Ainsi, tout en laissant volontairement transparaître le sentiment d’impuissance qui l’anime, elle s’interroge sur la nature des mécanismes par lesquels ses émotions sont régies, et met en évidence comme une force supérieure guidant les êtres qu’elle ne peut qu’effleurer et qu’Amour personnifie.


CONCLU
Ce sonnet est bel et bien centré sur l’amour et ses contradictions incessantes auxquelles Louise Labé ne se cache pas d’être incapable d’échapper. Le jeu des antithèses permet de mettre en valeur la sensualité qui accompagne l’amour, l’aspect érotique de la chose. De plus ce sonnet est construit sur de multiples parallélismes et un aspect cyclique dont la relecture provoquée par le dernier vers constitue le paroxysme. Cela dit, ce poème est uniquement centré sur le ressenti de son narrateur, en témoigne l’usage continue du pronom « je » et des possessifs. De plus, si Louise Labé s’adresse à l’Amour qu’elle érige comme grand coupable de sa souffrance, l’amant est absent du sonnet. Ainsi, outre la description des désordres amoureux, Louise Labé semble se livrer de façon implicite à une introspection de son être qui dépasse le seul cadre des rapports amoureux. Ainsi, tout en laissant volontairement transparaître le sentiment d’impuissance qui l’anime, elle s’interroge sur la nature même de ses émotions et met en évidence l’existence de mécanismes dont elle ressent les effets sans en connaître l’origine.

1 commentaire:

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